dimanche 7 décembre 2025

8 décembre



 


Une jolie poésie douce et hivernale pour aborder un autre thème dans notre calendrier de l'avent. 




Décembre arrive en pas de neige,
Un souffle blanc posé sur l'eau, 
Il porte au coeur un doux manège,
De nuits profondes et de flambeaux.

Les toits s'habillent de silence,
Le vent murmure des secrets,
Et , dans l'air froid, en transparence
Dansent des souvenirs discrets.

Les jours s'enroulent comme des laines,
Les mains cherchent un peu de feu,
Et sous la lune qui se promène,
On croit voir briller d'autres cieux.

C'est le mois tendre des lumières,
Où chaque soir semble rêver,
Le temps suspend sa longue course,
Pour mieux apprendre à espérer.


A demain!









samedi 6 décembre 2025

7 décembre


                 
                                                   ***********

Après un article sur une photographe, une avocate, quelques lignes sur une personne dont on sait très peu de choses et qui m' a donné du fil à retordre!. C'est par hasard que j'ai retrouvé son nom ou plutôt ses noms* en feuilletant  une revue de Dunkerque intitulée "les archives de Dunkerque ont 50 ans". 

Marthe Garden naît le 3 juin 1925 à Fort Mardyck, un petit village de pêcheurs à l'époque. Je suppose qu'elle a passé une enfance heureuse, on n'en trouve aucune trace. "Les gens heureux n'ont pas d'histoire".
 Elle a 14 ans lorsque la seconde guerre mondiale est déclarée. Quel était le caractère de cette jeune adolescente? insouciante? enjouée? intrépide sans aucun doute!



Comment a-t-elle supporté la présence des allemands dans son quotidien?
N'oublions pas que Fort Mardyck, comme tous les villages proches de Dunkerque, a beaucoup souffert durant l'occupation.






Dunkerque en ruines après les bombardements de mai-juin 1940.


Est-ce cette situation qui a poussé cette jeune fille à se rebeller? 
 Dès 1940, elle sert d'agent de liaison au sein des jeunes chrétiens combattants, rencontre Michel Hochard (nom d'emprunt) résistant (qu'elle épousera par la suite) et achemine de faux papiers, cartes d'identité, certificats afin d'aider ceux qui tentaient d'échapper au travail obligatoire ou à la répression, des d'activités qui sauvaient des vies, empêchaient la déportation. On la retrouve sous le pseudonyme de Jeanine Bart.   
Elle appartient aux Forces Françaises Combattantes de l'Intérieur (nom  du réseau Navarre) et crée un petit groupe de jeunes filles chargé d'aider les réfractaires. A partir de 1943, elle assure elle-même les contacts avec Paris dont elle revient en transportant de faux cachets de mairie, de préfecture, de commissariats, de kommandantur.
En 1944, elle est parmi les fondatrices des JFF (jeunes filles de France) auxiliaires féminines de la Jeune Résistance, qui comptent jusqu'à 800 jeunes filles essentiellement originaires du Nord Pas de Calais.
  A l'échelle de la région, ces réseaux ont permis à des milliers de personnes d'éviter la répression, la  déportation ou le travail obligatoire.

Ces résistants locaux, surtout des femmes n'ont laissé aucune trace dans l'histoire nationale, leurs actes étaient clandestins, leur identité masquée. Alors à toutes ces "Marthe Garden" inconnues qui ont risqué leur vie pour que nous soyons libres, chapeau bas MESDAMES!


*Marthe Garden épouse Joseph-Clément Hochart (nom d'emprunt Michel Hochard), divorce puis épouse Pierre Bonnet .

 Grâce à généanet, j'ai pu retrouver la tombe de Marthe Garden (décédée le 6 mars 2012) au cimetière de Fort Mardyck.


Histoire du dunkerquois "être femme à Dunkerque" archives de Dunkerque.




vendredi 5 décembre 2025

6 décembre

 



                                                                      ***********


Olympe Demarez est née le 27 janvier 1878 dans une famille très modeste à Catillon sur Sambre dans le Cambrésis. Elle suit les cours de l'école primaire et obtient son certificat d'études en 1890.Elle quitte l'école pour apprendre le métier de modiste puis reprend des études. Admise à l'école normale de Douai, elle enseigne à Petit Fort  Philippe (1898- 1902) puis à Dunkerque.(1902-1908).

A 30 ans, elle quitte l'enseignement et entreprend des études de droit. Pour subvenir à ses besoins et payer ses études, elle devient la secrétaire d'un jeune avocat dunkerquois Charles Valentin, inscrit au barreau de Dunkerque. En 1913, elle obtient la licence en droit, prête serment devant la cour d'appel de Douai devenant ainsi la première avocate du département du Nord..


Rares étaient les femmes à revêtir la robe d'avocate à cette époque!




Portrait de Charles Valentin.

Bien qu'elle soit officiellement avocate, Olympe plaide peu. Elle se consacre essentiellement au soutien de la carrière de son compagnon Charles Valentin  qui mène une carrière politique importante: conseiller général, maire de Dunkerque à partir de 1925 puis député en 1936.

 Destin tragique, Charles Valentin est victime d'un grave accident de la route dans la banlieue lilloise le 20 septembre 1939.A leur demande, leur union est légalisée mais Charles expire peu de temps après la cérémonie.

A la libération, Olympe s'investit dans des tâches de service public: réorganisation des archives municipales de Dunkerque.

En 1945, à la première élection municipale à laquelle les femmes ont le droit de voter et d'être élues, elle devient la première femme conseillère municipale de la ville. Elle reste en fonction jusqu'en 1953 et décède à Dunkerque le 5 septembre 1964 à l'âge de 86 ans.

Son parcours témoigne du rôle pionnier des femmes dans le droit et la politique locale à une époque où tout cela demeurait exceptionnel!


Le 6 octobre 2025, une résidence universitaire a été nommée "Résidence Olympe Démarez- Valentin en son honneur, soulignant l'importance de sa mémoire dans la région.




jeudi 4 décembre 2025

5 décembre

 



Excepté le lointain pouvoir des comtesses de Flandre, les femmes ne sont visibles qu'au foyer ou au travail dans l'ombre d'un époux dont elles dépendent juridiquement. Au XXème siècle, la communication, le droit, la photographie, les responsabilités assumées durant les guerres leur ouvrent de nouvelles voies.

Aujourd'hui, un article consacré au parcours d'une photographe engagée, ayant osé faire de sa passion, un métier peu courant pour une femme à l'époque.. 


Jeanne Devos est née le 10 février 1902 à Bailleul dans le Nord. Vers 1918, elle contracte la tuberculose. Sur les conseils d'un médecin, son père l'installe durant sa convalescence à la campagne. En 1922, elle s'établit chez  l'abbé Joseph Lamps un ami de son père, à Bissezeele. En 1923, sa santé se détériorant, l'abbé la transporte en Corse.

C'est avec lui que Jeanne découvre la photographie, l'autochrome et la stéréoscopie.  A partir de 1930, elle voyage: exposition coloniale à Paris en 1931, Biarritz, Lourdes, Sologne, Périgord. Puis elle sillonne la Flandre. Ses photos documentent la vie rurale, les traditions, les métiers, les fêtes, les paysages, les villages.

Pendant la seconde guerre mondiale, lors de la libération de Bissezeele (passage de la 5ème brigade d'infanterie canadienne) elle prend plus de 150 photographies.



En 1945, l'abbé part à la retraite, et s'installe avec elle à Wormhout (entre temps, elle est devenue sa gouvernante). Elle décide alors de vivre de sa passion: elle devient photographe professionnelle.

Elle réalise des photos d'identité, des portraits: communiants, conscrits, baptême mais surtout des reportages complets de mariage, y compris les cérémonies à l'église.

Elle photographie aussi des personnages importants, par exemple en 1946 et 1959, elle immortalise le passage de Charles de Gaulle à Bergues et à Wormhout. 

A la fin de sa vie, elle lègue l'essentiel de ses photographies et celles de l'abbé, au comité flamand de France. Ces archives, des dizaines de milliers de clichés, ont été déposées au centre iconographique de la Flandre (médiathèque de Wormhout), pour être conservées et valorisées.



Elle vend sa maison, un presbytère du XVIIIème, en viager à la commune à condition qu'elle devienne un musée à sa mémoire. Jeanne décède le 18 juin 1989, elle est enterrée dans son jardin aux côtés de l'abbé Lamps.

De passage dans la région, visitez à Wormhout, le musée Jeanne Devos, témoignage de l'histoire locale des Hauts de Flandre .



Belle visite! (images prises sur le net).






mercredi 3 décembre 2025

4 décembre

 



A Lille, au 9 rue Princesse, dans la demeure de ses grands-parents, le 22 novembre 1890, Charles voit le jour. Qui pouvait se douter ce jour-là que cet enfant, devenu adulte, consacrerait sa vie à la France?




Après des études à Paris, Charles entre à Saint Cyr en 1909. Il choisit l'infanterie. Rapidement, il montre un esprit indépendant et une forte conscience nationale.

Combattant sur le front en 1914, blessé plusieurs fois, il est fait prisonnier à Verdun en 1916. Il tente à plusieurs reprises de s'évader sans succès. Il retrouve les siens un mois après la fin de la guerre. Désireux de relancer sa carrière militaire compromise par la captivité, il obtient son détachement auprès de l'armée polonaise autonome et participe à la guerre soviéto polonaise.




Mais c'est en 1940 que Charles devient un héros national. Il refuse la défaite et l'armistice demandé par Pétain. Il lance depuis Londres l'appel du 18 juin, devenant ainsi le chef de la France libre. 



Vous avez bien sûr reconnu ce militaire puisqu'il s'agit du général De Gaulle et vous connaissez la suite: des années de guerre, le débarquement et enfin la libération en 1945.Président du gouvernement provisoire mais en désaccord avec l'assemblée constituante, il démissionne en 1946.

Rappelé au pouvoir en 1958 lors de la crise algérienne, il fonde la Vème république et en devient le premier président. Il mène une politique d'indépendance nationale et met fin à la guerre d' Algérie.




Affaibli après mai 1968, il quitte le pouvoir en 1969 et se retire à Colombey les deux Eglises où il meurt le 9 novembre 1970.



La croix de Lorraine au mémorial Charles de Gaulle à Colombey les deux Eglises.

Les images proviennent du net.

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On fête la sainte Barbe le 4 décembre, pensez à semer du blé dans une coupelle!


mardi 2 décembre 2025

3 décembre





 Connaissez-vous Sangatte, petite station balnéaire située au bord de la Manche, proche de Calais et à quatre kms du cap Blanc-Nez ? Oui, me direz-vous, c'est le point de départ du tunnel sous la Manche, c'est aussi un lieu de passage des migrants voulant rejoindre le Royaume -Uni. Exact!



Mais, si je vous emmène aujourd'hui sur cette plage de sable fin, c'est pour vous faire découvrir Blériot-Plage qui s'appelait jusqu'en 1936  Baraques-Plage. Pourquoi Baraques?  parce qu'en 1624, on y construisit des baraquements pour recueillir les pestiférés de Calais.

Au milieu du XIXème ce hameau se développe et devient un petit centre de villégiature.





Après avoir consacré un article à Jean Bart, pionnier des mers,  je vous emmène découvrir une figure illustre des airs!

Louis Blériot, né en 1872 à Cambrai, ingénieur et fabriquant de lampes automobiles, activité qui finança ses premiers prototypes d'avion se consacra à l'aviation.

Le 25 juillet 1909, il effectua le vol Calais Douvres à bord de son monoplan Blériot XI, 37kms parcourus en 36 minutes . Il réalisa ainsi la première traversée réussie de la Manche en avion. Cet exploit le rendit immédiatement célèbre et démontra le potentiel réel de l'aviation naissante.




Le Blériot XI devint l'un des premiers avions produits en série, il fut utilisé à des fins militaires en 1914.

Par la suite, Blériot continua à  développer des avions, des écoles de pilotage et des entreprises aéronautiques. C'est l'une des figures majeures de l'aviation, il meurt à Paris en 1936.


Après le décès de Louis Blériot, le hameau Les baraques devint Blériot Plage en hommage à l'aviateur.


En foulant le sable de Blériot- Plage, peut-être aurez-vous l'impression d'entendre un ronronnement bizarre, levez les yeux et le Blériot XI apparaîtra sûrement dans un coin du ciel!

(Les images ont été prises sur le net.)




lundi 1 décembre 2025

2 décembre

 



En flânant à Petite Synthe, devenue un quartier industriel de Dunkerque en 1972, on découvre la mémoire de ce qui était autrefois une commune rurale. Une multitude de jardiniers y cultivaient des fruits et légumes destinés à la population dunkerquoise et aux conserveries.

 Il suffit d'observer les fresques qui décorent quelques pignons de maisons pour découvrir son passé.





L'entreprise de chicorée " Canis frères" créée en 1912 cessa de fonctionner en 1955.



Et si cette troisième fresque nous incitait à faire quelques recherches.... 

Au XVIII, la Hollande avait le monopole de la fabrication du genièvre. Suite à un long séjour aux Pays Bas, un dunkerquois monsieur Stival fit des démarches pour établir dans sa ville natale cette industrie lucrative (appui financier et avis favorable du magistrat de Dunkerque en 1775). Louis XVI accorda l'autorisation avec la faculté d'appeler l'usine" genièvrerie royale de Dunkerque". 

Les gérants Stival et Carpeau acquirent en Hollande des appareils de distillation mais les distillateurs hollandais en interdirent la sortie. Il fallut ruser, on envoya en Hollande un chaudronnier de Bergues et un de Dunkerque parlant la langue locale. Quatre mois plus tard, les artisans ayant appris tous les secrets de la fabrication du genièvre, revinrent à Dunkerque, construisirent douze alambics et obtinrent un genièvre rivalisant avec la boisson hollandaise.

Cette distillerie qui expédiait le genièvre partout dans le monde disparut en 1845. Article de Jeannine Lassuye: 1775-1963 deux siècles de distilleries de genièvre à Dunkerque.

La genièvrerie de Pondichéry (sur la fresque) fut fondée en 1820 par la maison Carnot près du canal de Bourbourg puis exploitée par la maison Féron jusqu'en 1840 avant d'être démolie pour expropriation. "Généalogie et histoire du Dunkerquois" par Henri Lemattre.

D'autres distilleries existaient à la même période: Cocquelin sur la route de Lille, Desrousseau rue du Fort Louis, Jacques Langlois dans la rue Franklin...

Et c'est en 1963, que les derniers alambics de Dunkerque de la distillerie Duflos, situés en basse-ville cessèrent de produire.











A chacun sa fête, à chacun son plaisir!

 Ce week-end à Busnes, on fête l'échalote.  A Haverskerque, ce dimanche tomates et légumes anciens vous en feront voir de toutes les cou...